Janvier 2019 : Diversités Pastel, la naissance d’une association

Albi et le Tarn comptent désormais une association, au sens de personne morale de bien public, qui est dédiée aux lesbiennes, gays, bisexuel(les), et transexuel(les) rassemblées souvent dans l’acronyme LGBT. Cette exquise maïeutique a été le fruit d’individualités qui se sont rencontrées, ont échangé, ont appris à se connaître et à s’apprivoiser aussi bien que Saint-Exupéry relatait les premiers échanges entre le Petit Prince et le Renard. Il aura donc fallu du temps et Diversités Pastel n’est pas issue d’un coup de tête ou d’un coup de sang.

Des coups de sang, de colère et d’impulsivité, il y aurait pu en avoir quand on songe à l’étendue du spectre des discriminations qui pèsent encore sur les LGBT. Pourtant, la construction associative de Diversités Pastel invoque des muses tels que concertation, respect mutuel, bienveillance, intelligence, et peut-être même sérénité.

A peine un mois et les premières pierres ont déjà naturellement été posées telles autant de jalons pour un devenir. Des bénévoles formés, un bureau au travail, et qui a déterminé les axes pour cette année 2019.

L’accueil et l’écoute, il en a toujours été question, lors des permanences du mardi dans cette salle municipale du Patus Crémat prêtée par la Mairie d’Albi. Le bon accueil y est une vertu et savoir écouter y est parfois un art. Combien de jeunes gens qui ressentent leur particularité en termes d’orientation sexuelle ne peuvent en parler à leur famille ou osent en parler et sont confrontés au rejet ? Oui, si Diversités Pastel est apparue dans le paysage tarnais, c’est qu’il y avait un besoin aussi bien qu’ailleurs, et peut-être d’autant plus dans un département majoritairement rural.

Connaître, c’est comprendre. Comprendre, c’est démystifier. Voilà pourquoi des expositions sont proposées aux collégiens et lycéens du Tarn pour faire tomber le mur des stéréotypes qui séparait leurs consciences de notion tels que différence et altérité. Si Diversités Pastel compte déjà dans le département, c’est que ce besoin était une nécessité, car ouvrir son esprit en des temps de pensée unique, d’ultra-individualisme, et de communication aseptisée ne peut qu’être source d’épanouissement. Les supports du cinéma et de la bande dessinée sont ici pertinents, car ils sont universels. Ils nous parlent de nous, tout en évoquant l’autre.

Autour de ces deux lignes de force, des événementiels conviviaux. Exister, c’est bien, mais faire savoir que l’on existe, c’est encore mieux, et d’autant, quand on joint l’utile – l’avancée des droits et de la reconnaissance des LGBT, à l’agréable – un moment festif.

Des premiers pas encourageants et beaucoup de bonnes intentions sont venus entourer la naissance de Diversités. En outre, une trentaine d’adhérents, qui ont voulu répondre présent à ce besoin et cette nécessité, comprenant que s’engager, c’est ici exister. Ils et elles ont voulu rappeler que l’identité sexuelle n’était pas un choix ou une coquetterie, en paraphrasant Beaumarchais, qui proclamait, en son temps, dans son Mariage de Figaro, « Sait-on grès du superflu, à qui nous prive du nécessaire ? »

Tony KUNTER

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