Octobre 2019 : Trans, pourquoi on vous aime ?

Transidentité, tranvestis, drag Queens et Kings… Tout un lexique qui vient décrire des variantes de l’identité de genre. Au-delà des mots, des parcours individuels encore difficiles et douloureux face à des transphobies institutionnelles et relationnelles qui perdurent. Même l’accès au droit le plus élémentaire, celui d’exister sans peine et surtout sans heurt aura été tardif dans notre pays : il aura fallu attendre 2017 pour que cette notion de discrimination liée à l’identité de genre trouve une véritable place au sein de la législation. Pour autant, de nombreux actes transphobes restent impunis, les victimes hésitant à porter plainte. L’agression très médiatisée de Julia à Paris, en marge d’une manifestation, il y a quelques mois, aura, sur ce point, contribué à libérer la parole.

Les trans bousculent le carcan d’un monde où un des fondements essentiels de l’identité demeure basé sur le sexe. Ils nous renvoient à des questionnements intimes auxquels beaucoup se refusent. Car, au fond, la quête d’identité est avant tout une quête d’harmonie de reconnaissance, et une quête de l’être. D’aucuns pourraient voir dans une telle recherche une exacerbation de l’individualisme, un simple caprice de l’esprit sur le corps, devenu objet. Mais ce corps demeure le vêtement de l’âme, et comment vivre quand la perception de nous-même et celle que nous donnons aux autres n’est pas conforme à notre essence ?

Non, la transidentité, c’est la quintessence de l’être, et justement le refus des faux semblants. Dans nos sociétés marquées jadis par le salut des âmes avec l’omnipotence des religions, puis, plus tard, par une frénésie de l’avoir jusqu’aux confins de la folie consumériste, les trans annoncent, à la marge, et à leur manière, un retour aux fondamentaux de l’esprit : une quête de l’être, du soi, et donc aussi des autres.

Le combat pour la transidentité pourrait avoir pour slogan : « Humain d’abord ». Evoquer les sentinelles de cette lutte, ce serait parler de vies sacrifiées à cette finalité, pour s’accepter, se transformer, puis se faire accepter des autres. Sur ce dernier point, tout reste encore à faire : accès au travail, au logement… les trans sont encore trop souvent condamnés, de fait, à vivre au ban de la société, étant associés contre leur volonté au monde de la déviance, de la tromperie et de la prostitution. Au sein des LGBT, historiquement, ils demeurent les parents pauvres de l’accès au droit et à la parole, alors même qu’ils en sont les fers de lance.

Pour votre audace, votre engagement, votre sensibilité et votre supplément d’âme. Parce qu’en vous battant pour vous, vous nous annoncez aussi à tous des lendemains qui chantent. Voilà pourquoi, trans, on vous aime !

Tony KUNTER

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